La situation à la frontière israélo-libanaise connaît une escalade significative. Au cours des dernières vingt-quatre heures, l'armée israélienne a mené des frappes aériennes intensives contre des positions qu'elle attribue au Hezbollah dans le sud du Liban. En réaction, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a annoncé dans une allocution télévisée que son mouvement élargirait le champ de ses tirs de roquettes vers le nord d'Israël, y compris sur la ville de Haïfa. Ces annonces surviennent alors que des négociations indirectes, par l'intermédiaire des États-Unis et de la France, semblaient progresser en vue d'un cessez-le-feu.
Escalade militaire sur le front nord
Selon des sources militaires israéliennes, l'armée de l'air a frappé plus de cent cinquante cibles au Liban dans la seule journée de dimanche. L'état-major israélien justifie ces bombardements par la nécessité de détruire l'infrastructure militaire du Hezbollah près de la frontière. De son côté, le Hezbollah a revendiqué le tir de plusieurs salves de roquettes en direction de positions militaires israéliennes, ainsi que vers des localités civiles dans le nord du pays. Les services de secours israéliens ont fait état de blessés légers et de dégâts matériels, sans bilan humain lourd dans l'immédiat.
Environ soixante mille habitants des localités frontalières israéliennes ont été évacués par les autorités. Côté libanais, des dizaines de milliers de personnes ont fui les zones de combat pour se réfugier dans la banlieue sud de Beyrouth et dans d'autres régions du pays. La Croix-Rouge libanaise a indiqué avoir transporté des blessés vers les hôpitaux de Tyr et de Nabatieh.
Nasrallah menace d'élargir le conflit
Dans un discours retransmis sur la chaîne Al-Manar, Hassan Nasrallah a déclaré : « Nous avons jusqu'à présent limité nos opérations à des objectifs militaires et à des zones proches de la frontière. Mais si l'ennemi continue ses crimes contre notre peuple, nous n'aurons d'autre choix que de viser le nord d'Israël et des installations stratégiques à Haïfa. » Il a également précisé que le Hezbollah disposait encore de « capacités non employées » et que ses combattants étaient prêts à « une longue guerre d'usure ».
Cette menace intervient alors que les négociations sur un cessez-le-feu, supervisées par l'émissaire américain Amos Hochstein et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sont décrites comme étant dans une phase délicate par des diplomates anonymes. Les deux parties n'ont pas encore accepté un plan de retrait des forces du Hezbollah au nord du fleuve Litani, une condition posée par Israël et appuyée par Washington.
Les appels à la désescalade se multiplient
La communauté internationale a réagi avec inquiétude. La porte-parole du département d'État américain a appelé « toutes les parties à faire preuve de retenue et à revenir à la table des négociations ». Elle a réaffirmé le soutien de Washington à « une solution diplomatique qui garantisse la sécurité d'Israël et la souveraineté du Liban ». De son côté, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a condamné les violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et a demandé un arrêt immédiat des hostilités.
Au Liban, le Premier ministre sortant, Najib Mikati, a convoqué une réunion d'urgence du Conseil des ministres. Il a appelé la communauté internationale à « contraindre Israël à cesser ses agressions » et à « soutenir l'armée libanaise dans son déploiement au sud », conformément à la résolution 1701. L'armée libanaise a annoncé avoir reçu des renforts, mais elle ne dispose pas des moyens nécessaires pour empêcher les tirs de roquettes du Hezbollah.
Le spectre d'une guerre ouverte
Les analystes estiment que la situation est à son point le plus tendu depuis la guerre de 2006. Le Hezbollah, milice chiite soutenue par l'Iran, dispose d'un arsenal estimé à plus de cent mille roquettes et missiles, dont certains à longue portée. Israël possède de son côté la supériorité aérienne et des capacités de frappe de précision. Un conflit ouvert pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les deux pays, ainsi que pour la stabilité régionale.
Pour l'instant, les canaux diplomatiques restent ouverts. La France a indiqué qu'elle poursuivait ses efforts de médiation, tandis que les États-Unis ont dépêché un nouvel envoyé dans la région. Mais les déclarations des deux belligérants ne laissent entrevoir aucune trêve imminente.