Un texte signé, des interprétations divergentes
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi, lors d'un entretien avec son homologue français Emmanuel Macron en marge du sommet du G7, qu'un accord préliminaire mettant fin au conflit avec l'Iran avait déjà été signé. « Je suis très heureux de dire que c'est signé, l'accord est entièrement signé », a-t-il affirmé. Selon des responsables américains, le document a été paraphé électroniquement par Donald Trump, le vice-président JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. La Maison-Blanche a indiqué que la cérémonie officielle de signature se tiendrait vendredi à Genève, jour où le détroit d'Ormuz doit rouvrir.
L'annonce survient après des mois de tensions militaires et diplomatiques. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays a joué un rôle de médiateur, a présenté l'accord comme incluant « la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ». Toutefois, des responsables américains ont précisé que le retrait des forces israéliennes du territoire libanais n'était pas une condition de l'accord, et qu'Israël conservait un droit à l'autodéfense.
L'Iran entre victoire affichée et méfiance affichée
À Téhéran, la communication officielle reste prudente. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé la fin des opérations militaires lors d'un entretien téléphonique diffusé par la télévision d'État, qui a présenté l'accord-cadre comme une victoire pour l'Iran. Gharibabadi a précisé que des médiateurs qataris avaient mené « près de quatorze à quinze heures de longues négociations » à Téhéran pour parvenir à cette entente préliminaire.
Parallèlement, le haut commandement militaire iranien, le quartier général central de Khatam al-Anbiya, a estimé que les Iraniens, leurs forces armées et les alliés et proxies de Téhéran dans la région avaient démontré aux États-Unis et à Israël qu'ils n'avaient « pas d'autre option que d'accepter la défaite et la reddition ». En revanche, le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné que Téhéran nourrissait toujours une « profonde méfiance » à l'égard de Washington, qualifiant l'accord de « simple étape vers une réduction des tensions ».
Réactions de l'axe israélien et du Hezbollah
L'annonce du pacte n'a pas apaisé les tensions sur le terrain. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi soir que les forces israéliennes resteraient dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza « aussi longtemps que nécessaire », et qu'elles conserveraient la liberté d'agir contre les attaques. Il a également affirmé, lors d'une conférence de presse, que l'Iran ne serait pas autorisé à acquérir des armes nucléaires, avec ou sans accord.
Ces déclarations sont intervenues après que des médias libanais ont rapporté une frappe israélienne mortelle contre une voiture dans le sud du Liban, première attaque signalée depuis l'annonce de l'accord de paix. En représailles, le Hezbollah a affirmé avoir tiré des missiles et des drones contre des positions israéliennes. Le président libanais Joseph Aoun a, de son côté, salué l'annonce et dit espérer « des mesures pratiques qui mettront un terme définitif au cycle de la violence ».
Un document dont le contenu détaillé reste à paraître
Les termes précis de l'accord préliminaire demeurent largement confidentiels. Selon des responsables américains, des discussions techniques sur le programme nucléaire iranien doivent débuter cette semaine, et tout allègement de sanctions ou libération d'avoirs dépendra du respect par l'Iran de ses engagements. La réouverture du détroit d'Ormuz est annoncée pour vendredi, jour de la signature à Genève. Donald Trump a promis la publication du texte intégral de l'accord « probablement bientôt » après la cérémonie. Le vice-président JD Vance a indiqué sur Fox News que l'engagement de l'Iran à ne jamais posséder d'arme nucléaire était « intégré à cet accord », avec des dispositions permettant une vérification par les États-Unis.
La levée du blocus naval américain des ports iraniens a été ordonnée dimanche, et Donald Trump a affirmé lundi sur les réseaux sociaux que « des navires commencent à bouger, beaucoup chargés de pétrole, hors du détroit d'Ormuz ». Ces mesures concrètes, si elles se confirment, marqueraient un premier pas vers une détente économique, mais les points de friction historiques – l'enrichissement nucléaire iranien, la levée complète des sanctions et le dégel des dizaines de milliards de dollars de revenus pétroliers gelés – restent à résoudre dans le cadre de la négociation finale de soixante jours qui s'ouvre désormais.