L'accord annoncé entre Washington et Téhéran a été signé, mais les précisions sur le programme nucléaire iranien sont loin d'être tranchées. Le président américain a salué un texte qui garantirait selon lui que l'Iran ne développera jamais d'arme atomique. Téhéran s'est engagé à ne pas en fabriquer, une promesse déjà formulée par le passé, notamment dans le cadre de l'accord négocié sous l'administration Obama que le président Trump avait dénoncé.

Le document signé, qualifié de mémorandum d'entente, ne contient pas de clauses définitives sur la limitation du programme nucléaire. Les discussions sur ce point doivent s'étaler sur les soixante jours suivant la signature prévue. Le texte n'a pas été rendu public et chaque camp livre sa propre interprétation des engagements pris, ce qui rend difficile une évaluation précise de ce à quoi l'Iran a consenti.

Un compromis sur la durée de l'enrichissement

Sur le fond, l'Iran a accepté le principe d'une suspension de l'enrichissement de l'uranium pendant plusieurs années, sans que la durée exacte soit arrêtée. Le président américain a reconnu qu'aucun consensus n'avait été atteint sur ce volet. Il souhaite une suspension de vingt ans, tandis que la partie iranienne ne voudrait pas excéder une décennie. Le chef de l'État américain a laissé entendre qu'un compromis à quinze ans pourrait être envisagé.

Il a par ailleurs insisté sur le fait que l'Iran serait cantonné à un enrichissement à des niveaux très faibles, « qui ne pourraient jamais être utilisés par l'armée ». Il n'a pas précisé quel serait ce seuil, et notamment s'il serait identique aux 3,67 % de pureté – un taux suffisant pour un usage civil uniquement – prévus dans l'accord nucléaire de 2015 signé par son prédécesseur. Il a seulement affirmé que le nouvel arrangement garantirait que Téhéran « ne peut enrichir qu'à des fins non militaires. Pour toujours. »

Des interprétations divergentes

Si cette clause « pour toujours » était retenue, cela constituerait une avancée par rapport à l'accord de 2015, assorti de délais. Mais les positions des deux parties restent éloignées et les négociations à venir s'annoncent ardues. Chaque camp s'emploie à présenter l'issue du processus comme une victoire, contribuant au flou qui entoure l'accord.

Les autorités iraniennes ont multiplié les démentis ces derniers jours, niant l'existence d'un accord finalisé avec Washington, en contradiction avec les déclarations répétées du président américain. Ce dernier avait annoncé l'imminence d'un accord après avoir annulé des frappes prévues contre l'Iran. Le Pakistan avait également évoqué une finalisation de l'accord dans les vingt-quatre heures, démentie par Téhéran.

Les prochaines étapes

La signature du mémorandum d'entente est prévue pour le vendredi suivant les déclarations du 15 juin. Les deux parties ont soixante jours pour s'accorder sur les détails du volet nucléaire. L'enjeu est de taille pour la stabilité régionale, alors que le conflit au Proche-Orient s'est intensifié avec des frappes israéliennes au Liban et la menace iranienne de représailles. L'accord signé, s'il est complété, pourrait ouvrir la voie à une désescalade, mais les divergences actuelles maintiennent une incertitude persistante.