Un accord a été signé entre les États-Unis et l'Iran, marquant la fin d'un conflit déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes. Le texte, un mémorandum de 14 points sur deux pages, n'a pas encore été rendu public. Selon les déclarations officielles, il prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, la levée du blocus naval américain des ports iraniens et la prolongation du cessez-le-feu. Les questions les plus épineuses, notamment l'avenir du programme nucléaire iranien et l'ampleur de la levée des sanctions contre Téhéran, sont renvoyées à des discussions ultérieures.
L'accord a suscité des réactions contrastées. Le président américain a salué un texte qui, selon lui, allège la pression sur l'économie mondiale et le quotidien de centaines de millions de personnes. La réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % des besoins mondiaux en pétrole et gaz naturel, est présentée comme une mesure clé. Des milliers de civils ont été tués au Proche-Orient et de nombreuses infrastructures ont été détruites durant le conflit. Les conséquences sur la production d'engrais, dépendante des approvisionnements transitant par le détroit, pourraient entraîner des pénuries alimentaires en Afrique subsaharienne.
L'analyse du déroulement de la guerre révèle une profonde méprise initiale. Les États-Unis et Israël avaient lancé des attaques surprises le 28 février, croyant pouvoir renverser rapidement le régime iranien. Une frappe américaine sur une école à Minab, dans le sud de l'Iran, a tué plus de 150 civils, dont au moins 120 écolières de moins de 12 ans. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et ses conseillers les plus proches ont été tués lors d'une frappe israélienne distincte. Contre toute attente, le régime de Téhéran a survécu et s'est même renforcé. Ce conflit a mis en lumière les limites de la puissance militaire américaine, endommagé ses alliances avec les monarchies arabes du Golfe et poussé ces dernières à rechercher une diversification de leurs partenariats, la Chine observant attentivement la situation. Les responsables de ces pays évoquent désormais en privé la nécessité de trouver des moyens de coexister avec leur voisin iranien.
Avant le déclenchement des hostilités, l'Iran et les États-Unis étaient engagés à Genève dans ce qui était présenté comme des négociations sérieuses sur le nucléaire. Des sources concordantes indiquent que les négociateurs iraniens avaient alors mis sur la table des concessions ainsi que des demandes. Les accords conclus ramènent les parties au point où elles se trouvaient vingt-quatre heures avant le début de la guerre, avec la réouverture du détroit d'Ormuz et la reprise des pourparlers nucléaires.
Le texte signé ne constitue toutefois pas un traité de paix définitif. L'incertitude demeure sur la volonté réelle des deux parties de résoudre les différends fondamentaux. La guerre, qualifiée de pire erreur de politique étrangère de l'administration américaine, a causé des destructions massives et a fragilisé la position des États-Unis dans la région. L'accord actuel est perçu comme une trêve nécessaire, mais les véritables négociations, celles sur le nucléaire et les sanctions, sont encore à venir.