Alors que les discussions sur l'application du protocole d'accord signé entre Washington et Téhéran sont repoussées, le président américain Donald Trump a lancé une vive offensive verbale contre ceux qui estiment que cet accord constitue une reculade américaine. Dans une série de messages diffusés vendredi sur son réseau Truth Social, le chef de l'État a affirmé que l'Iran, bien au contraire, s'était engagé dans les négociations «par désespoir».
«La guerre a affaibli l'Iran!», a-t-il écrit, en citant les frappes américaines qui, selon lui, ont considérablement réduit les capacités navales, aériennes et conventionnelles de la République islamique. Il a ensuite fustigé les démocrates qui, a-t-il assuré, prétendent que «l'Iran se porte mieux aujourd'hui qu'il y a quatre mois», une assertion qu'il a qualifiée d'absurde. «Jusqu'où peut aller la stupidité de certaines personnes?», s'est-il interrogé.
Dans un second message, il a déclaré que l'Iran, et non les États-Unis, avait cherché un accord parce qu'il était acculé. «Ils sont FINIS!», a-t-il lancé, reprenant une formule choc déjà utilisée par le passé. Il a également évoqué une période de soixante jours de négociations, faisant allusion au délai prévu par le protocole d'entente pour aborder le programme nucléaire iranien, la gestion future du détroit d'Ormuz, le dégel des avoirs iraniens, la levée de toutes les sanctions et un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars pour l'Iran.
«Reddition sans condition»
Ces déclarations surviennent alors que la viabilité de l'accord, signé mercredi, est déjà mise à l'épreuve. Le vice-président J.D. Vance a en effet annulé un déplacement prévu en Suisse pour entamer les pourparlers de fond prévus par le protocole. Ce report intervient dans un contexte de tensions accrues, alors que les opérations militaires israéliennes au Liban menacent de compromettre ce fragile cessez-le-feu.
Jeudi, dans un entretien accordé à Axios News, M. Trump avait déjà suggéré que la signature du protocole d'accord par Téhéran «constitue probablement une reddition sans condition». Une position qui tranche nettement avec les déclarations antérieures du vice-président Vance, qui avait qualifié le texte de «très général» et promis des discussions approfondies.
Un cessez-le-feu menacé par les combats au Liban
Le report sine die des pourparlers suisses a jeté un doute sérieux sur la pérennité de l'entente, signée après plus de cent jours de guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le protocole prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz, la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens et l'arrêt des combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais les affrontements en cours entre Israël et le Hezbollah compromettent ces engagements.
Pour l'heure, la Maison Blanche maintient que l'accord constitue une avancée, mais l'absence de calendrier concret pour les négociations de fond et la rhétorique guerrière du président américain interrogent sur la suite du processus.