Une menace claire de Donald Trump
Depuis le sommet du G7 en France, le président américain Donald Trump a mis en garde l'Iran : si l'accord de paix ne devait pas être signé, les États-Unis reprendraient les opérations militaires. « Nous recommencerions le processus », a-t-il déclaré, laissant planer le spectre d'une reprise des bombardements contre la République islamique. Cette déclaration, rapportée depuis Évian-les-Bains, intervient alors qu'un mémorandum d'entente préliminaire a été conclu dimanche dernier.
Le texte, dont la cérémonie de signature est attendue pour cette fin de semaine en Suisse, devrait être paraphé vendredi selon les indications données par le locataire de la Maison-Blanche. Cependant, ce dernier a lui-même semé le doute en affirmant que « la signature pourrait avoir lieu demain (jeudi) ou le jour suivant (vendredi) », provoquant une certaine confusion sur le calendrier exact.
Téhéran envisage une signature présidentielle
De son côté, la diplomatie iranienne a apporté des précisions sur les modalités de la cérémonie. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué que « l'une des idées examinées est que le mémorandum soit signé par les présidents des deux pays, une option qui est actuellement étudiée ». Jusqu'à présent, il était prévu que Washington et Téhéran soient représentés respectivement par le vice-président J.D. Vance et le président du Parlement et négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf.
Baghaei a toutefois précisé que les plans iraniens pour le sommet suisse « n'ont pas changé ». Cette déclaration ouvre la voie à une potentielle rencontre de haut niveau entre Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian, ce qui constituerait un précédent diplomatique majeur.
Un accord aux multiples volets
L'accord préliminaire comprend plusieurs dispositions clés, selon des sources officielles. Il prévoit notamment un délai de 60 jours pour négocier un accord final, renouvelable, ainsi qu'un allègement du blocus naval dans un délai de 30 jours. Le texte établirait également un nouveau seuil minimal pour le retraitement de l'uranium hautement enrichi détenu par l'Iran. En contrepartie, Washington s'engage à lever partiellement certaines sanctions, sans pour autant les annuler complètement.
Le détroit d'Ormuz au cœur des enjeux
La réouverture complète du détroit d'Ormuz à la navigation maritime figure parmi les objectifs prioritaires de l'entente. Esmaeil Baghaei a déclaré que la circulation dans cette voie stratégique sera « rétablie à la normale dans un délai défini », mais a insisté sur le fait que la gestion de ce processus incombera exclusivement à l'Iran. « Iran et Oman coopéreront pour élaborer un mécanisme de gestion du détroit d'Ormuz, et nous échangerons des vues avec d'autres pays de la région si nécessaire », a-t-il précisé.
Cette position contredit directement celle des pays occidentaux : les dirigeants du G7, réunis en France, ont salué l'accord et jugé qu'une mission maritime internationale menée par la France et le Royaume-Uni « peut jouer un rôle important pour faciliter la reprise du trafic maritime » dans le détroit.
Soutien du G7 et réserves régionales
Le président français Emmanuel Macron a qualifié l'accord de « très bon », ajoutant qu'il « met un terme à une situation de grande instabilité qui avait des conséquences terribles pour nos économies ». Les membres du G7 ont exprimé leur soutien à l'entente américano-iranienne, tout en rappelant leur attachement à la sécurité du détroit d'Ormuz.
Par ailleurs, le président libanais a tenu à dissocier les négociations entre son pays et Israël de ce dossier, affirmant qu'elles sont « indépendantes et ne doivent pas être liées à l'accord entre les États-Unis et l'Iran ».
Un avenir incertain
Malgré l'optimisme affiché par certains dirigeants, la menace de Donald Trump de reprendre les frappes pèse lourdement sur les négociations. L'issue de cette échéance diplomatique reste suspendue à la décision de Téhéran d'accepter ou non les conditions posées par Washington, notamment sur la levée des sanctions et le contrôle du programme nucléaire.