Téhéran a formellement démenti ce samedi avoir conclu un accord avec Washington, contredisant les récentes déclarations du président américain Donald Trump, qui avait évoqué la perspective d’un accord « imminent » avec la République islamique. Les autorités iraniennes affirment qu’aucun document final n’a été signé et que les négociations se poursuivent.

Ce démenti intervient après plusieurs jours de spéculations intenses sur l’état des discussions entre les deux pays, relancées par l’annonce-surprise de M. Trump. Le président américain avait déclaré jeudi avoir annulé des frappes aériennes prévues contre l’Iran, estimant qu’un accord de paix était désormais « à portée de main ». Il n’avait toutefois fourni aucun détail concret sur la teneur de ce possible accord.

Selon des sources proches du dossier, les pourparlers, menés par des intermédiaires, porteraient sur la levée de certaines sanctions américaines en échange d’un encadrement du programme nucléaire iranien. Mais les positions resteraient éloignées sur des points clés, notamment le niveau d’enrichissement de l’uranium et le calendrier de levée des mesures coercitives.

Un conflit coûteux et impopulaire

La volonté affichée par Donald Trump de trouver une « porte de sortie » (off-ramp) au conflit ouvert avec l’Iran reflète le coût croissant, tant économique que politique, de cette guerre. Les frappes américaines et israéliennes menées depuis plusieurs mois contre des positions iraniennes n’ont pas permis d’obtenir une capitulation de Téhéran, tout en alourdissant la facture pour le contribuable américain.

Par ailleurs, l’opinion publique américaine se montre de plus en plus réticente à l’idée d’un engagement militaire prolongé au Moyen-Orient. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent au Congrès pour demander un retour à la diplomatie. « Le président ne va pas envoyer des cargaisons d’argent à l’Iran », a récemment déclaré un élu républicain, tentant de rassurer une base conservatrice méfiante.

Un démenti qui refroidit les espoirs

Le démenti catégorique de Téhéran jette un froid sur les espoirs de paix que les propos du président américain avaient suscités. « Aucun accord n’a été signé », a ainsi déclaré un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, invitant à ne pas prendre pour argent comptant les annonces de Washington.

Cette position pourrait n’être qu’une tactique de négociation destinée à maintenir la pression sur les États-Unis. Il n’est pas rare, dans les annales diplomatiques, qu’un camp démente l’existence d’un accord pour en renégocier les termes. Mais elle pourrait aussi refléter un authentique désaccord de fond entre les parties.

Le rôle des médiateurs

Plusieurs pays, dont le Pakistan, ont tenté de jouer les facilitateurs entre Washington et Téhéran. Les diplomates pakistanais se sont activement employés à rapprocher les points de vue, sans parvenir, pour l’instant, à un texte définitif. La question de la signature d’un accord reste donc entière.

En attendant, les opérations militaires n’ont pas officiellement cessé, même si un cessez-le-feu tacite semble en place depuis l’annonce du président américain. Les experts redoutent qu’un enlisement des négociations ne conduise à une reprise des hostilités, aux conséquences potentiellement dévastatrices pour toute la région.