Le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, a estimé que le mémorandum d'entente conclu entre Washington et Téhéran était « très général », laissant entrevoir des discussions plus poussées dans les jours à venir pour en définir les contours précis. Cette déclaration intervient alors que les premières mesures concrètes de l'accord, notamment la levée du blocus naval dans le golfe Persique et la reprise des exportations pétrolières iraniennes, se mettent en place.
Un texte aux contours encore flous
Dans une déclaration rapportée mardi, J.D. Vance a indiqué que l'accord actuel manquait de spécificités et que des négociations plus détaillées étaient nécessaires pour clarifier ses dispositions. Selon lui, le document signé ne constitue qu'une première étape, et les parties devront s'atteler à rédiger des annexes et des protocoles d'application. Le vice-président a également suggéré que le texte pourrait être rendu public avant la fin de la semaine, potentiellement avant vendredi.
Cette position rejoint celle exprimée par le président Donald Trump lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France. Il a décrit l'accord comme « un bon deal » et a estimé qu'il s'agissait d'un arrangement équitable, sans toutefois entrer dans les détails. Le chef de l'État français, Emmanuel Macron, a également salué l'entente, la qualifiant de « bonne chose » dans une vidéo diffusée sur le réseau social X.
Le détroit d'Ormuz se rouvre, les pétroliers iraniens reprennent la mer
Un signe tangible de la mise en œuvre de l'accord est la levée du blocus naval imposé par la marine américaine dans le golfe Persique. Selon le site de surveillance du trafic maritime TankerTrackers, au moins trois pétroliers de la compagnie National Iranian Tanker Company (NITC) ont quitté le périmètre du blocus, transportant un total cumulé de près de 4,8 millions de barils de pétrole brut iranien. Deux supertankers, le DIONA et le HERO2, transportant ensemble 3,8 millions de barils, ont été repérés franchissant la ligne de blocus, suivis d'un troisième navire chargé d'un million de barils supplémentaires.
TankerTrackers a précisé que ces mouvements constituaient les premières exportations de brut iranien depuis deux mois, soulignant l'impact immédiat de l'accord sur l'économie iranienne. Cette reprise des exportations devrait également peser sur les cours du pétrole, qui ont déjà baissé à leur plus bas niveau depuis mars, en raison des perspectives de réouverture du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole.
Des négociations à venir sur le fond
Le ministre iranien des Affaires étrangères a confirmé que les discussions sur l'accord final avec les États-Unis devraient « probablement » débuter vendredi prochain. Il a également précisé que la fin de la guerre au Liban constituait « la question la plus importante » dans le cadre de cet accord. Cette déclaration fait écho aux critiques formulées par Donald Trump à l'encontre des méthodes de l'armée israélienne au Liban. Depuis le G7, le président américain a publiquement reproché à Israël de recourir à des bombardements indiscriminés sur des immeubles entiers pour traquer des combattants du Hezbollah, estimant que de telles tactiques causaient trop de pertes civiles.
Le négociateur en chef iranien a également insisté sur la nécessité qu'Israël se retire des « zones occupées » au Liban, une condition qui pourrait figurer au cœur des discussions à venir. La communauté internationale suit de près l'évolution de ce dossier, qui lie la normalisation entre Washington et Téhéran à la résolution du conflit libanais.
Un calendrier encore incertain
Si les premiers effets de l'accord se font sentir, le chemin vers une normalisation complète des relations entre les États-Unis et l'Iran semble encore long. Les déclarations de J.D. Vance, soulignant le caractère « très général » du texte, laissent présager des mois de négociations techniques et politiques. La publication prochaine du mémorandum — que le vice-président a évoquée comme possible avant vendredi — devrait permettre d'en évaluer la portée réelle et les points de friction restant à résoudre. En attendant, les acteurs régionaux, d'Israël au Liban, adaptent leurs positions face à ce nouveau paysage diplomatique en pleine recomposition.