Un avant-goût d'incertitude

Donald Trump a semé le doute, mercredi 17 juin, sur la signature imminente du protocole d'accord (MOU) censé ouvrir la voie à la fin des hostilités entre Washington et Téhéran. Interrogé par la presse depuis le sommet du G7 à Évian, en France, le président américain a refusé de se dire certain que la cérémonie officielle prévue pour le vendredi suivant aurait bien lieu. « Les accords sont étonnants. J'en ai conclus toute ma vie », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre indien Narendra Modi. « Je me suis engagé dans des accords qui étaient faits à 100 % et ils n'ont pas abouti. Je me suis engagé dans des accords où il n'y avait aucune chance de les conclure, et ça a marché, et ça s'est fait facilement », a-t-il ajouté, avant de conclure : « Alors, on ne sait jamais avec les accords, n'est-ce pas ? Mais vous le saurez très bientôt. Je pense que cela sera fait. »

Une menace de reprise des frappes aériennes

Dans plusieurs déclarations au cours de la journée, le chef de l'exécutif américain a brandi la menace d'une reprise des bombardements si l'Iran ne se montrait pas coopératif. « Nous reprendrons les frappes s'ils ne se comportent pas », a-t-il notamment affirmé, sans donner davantage de précisions sur ce qu'il considérait comme un « mauvais comportement » de la part de la République islamique. Ces propos contrastent avec l'optimisme affiché ces derniers jours par son administration, où l'on assurait que le texte était déjà signé électroniquement depuis dimanche et que ses termes n'étaient pas sujets à modification.

Des signaux contradictoires sur le calendrier

Le locataire de la Maison-Blanche a également laissé entendre que la cérémonie pourrait intervenir plus tôt que prévu, évoquant la possibilité d'une conclusion « demain (jeudi), peut-être le jour d'après ». Ce flottement dans le calendrier contredit les annonces officielles antérieures qui fixaient la signature publique au vendredi 19 juin. Un haut responsable américain, s'exprimant lors d'un point presse, a pour sa part indiqué que, bien que le protocole d'accord ait été paraphé numériquement le dimanche précédent, « les deux parties restent libres de se retirer jusqu'à la signature finale de vendredi ». Ce responsable a par ailleurs précisé que ce document, dont le contenu n'a pas été rendu public, comporterait quatorze points.

Un accord limité, des négociations à venir

Le protocole d'accord, tel que décrit par les deux capitales, doit mettre fin aux combats sur tous les fronts, lever le blocus naval américain et rouvrir le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier mondial. Selon le même haut responsable américain, Washington s'engagerait à délivrer immédiatement des dérogations de sanctions autorisant l'industrie des combustibles fossiles iranienne à reprendre ses exportations. En revanche, le texte ne contient que peu d'engagements concrets concernant le programme nucléaire de Téhéran. Les deux parties s'accordent à dire que cet accord initial ne sert que de point de départ pour une période de négociations de soixante jours, durant lesquelles devront être abordées des questions plus épineuses : l'avenir du nucléaire iranien, le soutien de la République islamique à ses proxies régionaux, et l'administration future du détroit d'Ormuz.

La prudence du vice-président

Ces déclarations interviennent alors que le vice-président américain, J.D. Vance, avait jugé, les jours précédents, que l'accord était « très général » et promis des discussions approfondies. Les propos de Donald Trump semblent donc confirmer cette analyse : le chemin vers une paix durable s'annonce semé d'embûches et le texte actuel, aussi ambitieux soit-il dans ses objectifs de cessez-le-feu et de levée des restrictions, laisse de côté l'essentiel des contentieux stratégiques entre les deux nations.