Un accord « en bonne voie » selon Washington
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé, jeudi 11 juin, qu'un accord de paix avec l'Iran était sur le point d'être conclu, quelques heures après avoir affirmé que son pays frapperait « très durement » la République islamique. « Nous venons de parvenir à un grand règlement de la guerre avec l'Iran », a-t-il déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale. Selon lui, cet accord garantirait que l'Iran ne possède jamais d'arme nucléaire, ce qui était, a-t-il souligné, « le but de tout ce que nous avons dû traverser pour y parvenir ». Il a évoqué une possible signature « en Europe » une fois les documents finalisés, ce qui devrait se faire « assez rapidement ».
Réactions prudentes à Téhéran
Du côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a tempéré ces annonces, qualifiant les informations sur un accord de « spéculatives » et affirmant que « rien n'a été finalisé ». Il a précisé que la majeure partie du texte du mémorandum avait déjà été « finalisée », mais que les États-Unis avaient présenté des « demandes excessives » et ajouté de « nouvelles requêtes ». Il a réaffirmé que son pays ne « s'écarterait pas de ses lignes rouges ».
La chute du pétrole et la question du détroit d'Ormuz
Dans la foulée des déclarations de Donald Trump, le prix du baril de pétrole brut Brent a chuté d'environ 4,4 %, pour s'établir autour de 89 dollars. Le président américain a également indiqué que le détroit d'Ormuz rouvrirait « dès que nous aurons signé ». Ce passage stratégique, par lequel transite une part importante du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, avait été effectivement fermé par l'Iran en représailles aux frappes américaines et israéliennes.
Des frappes annulées après des menaces
Quelques heures avant d'évoquer l'accord, Donald Trump avait posté un message menaçant, affirmant que « les États-Unis frapperont l'Iran… très durement ce soir », tout en menaçant de s'emparer de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien, et d'autres infrastructures. Il avait également écrit que son pays prendrait « le contrôle total » des marchés du pétrole et du gaz, « un peu comme nous l'avons fait avec le Venezuela ». L'armée iranienne avait alors répliqué en menaçant de représailles « plus sévères qu'avant » en cas de nouvelles attaques, affirmant que « soit les exportations de pétrole et de gaz sont pour tout le monde, soit elles ne seront pour personne ».
Un contexte d'escalade militaire
Les récentes déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions militaires. Après le crash d'un hélicoptère Apache américain dans le golfe Persique lundi, les États-Unis et l'Iran ont échangé des frappes. Mercredi, le Commandement central des États-Unis a annoncé avoir mené une vague de frappes contre des sites militaires, de surveillance et radar dans le sud de l'Iran. En réponse, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a lancé des frappes contre des bases américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Une fillette de 11 ans a été blessée par un drone iranien à Bahreïn, ont indiqué les autorités locales jeudi. La Jordanie a affirmé avoir abattu une vingtaine de missiles iraniens et l'armée koweïtienne a déclaré avoir intercepté des « cibles aériennes hostiles ».
Le blocage naval et ses conséquences
Parallèlement, les forces américaines ont pris pour cible neuf navires, dont trois cette semaine, dans le cadre d'un blocus visant à empêcher les navires d'entrer et de sortir des ports iraniens afin de restreindre la capacité de Téhéran à tirer profit des exportations de pétrole. L'Inde a convoqué un diplomate américain de haut rang après la confirmation de la mort de trois marins indiens dans une frappe américaine sur un pétrolier dans le golfe d'Oman, que New Delhi accuse de violer le blocus. Vingt et un membres d'équipage ont été secourus.
Appels à la désescalade
Face à cette escalade, de nombreux appels à la désescalade se sont multipliés. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, s'est dit « profondément préoccupé par l'escalade continue au Moyen-Orient » et a exhorté les parties à revenir à la pleine mise en œuvre du cessez-le-feu. La Pakistan, la Russie, la Chine, la Turquie, l'Inde et l'Arabie saoudite ont également appelé à une désescalade.
Les positions israéliennes et les négociations
Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé une conversation avec Donald Trump et a précisé qu'Israël « n'est pas partie au mémorandum d'entente ». Dans un communiqué, il a exprimé son « appréciation pour l'engagement de Trump à œuvrer en faveur d'un accord final » incluant « le retrait du matériel enrichi, le démantèlement des infrastructures d'enrichissement, des limites à la production de missiles et la cessation du soutien de l'Iran à ses proxys terroristes dans la région ». Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que « des stratégies erronées et des décisions impulsives créeront un bourbier sans fin dans lequel vous serez embourbés pendant des années ».
Un accord incertain
Les déclarations de Donald Trump sur un accord imminent contrastent avec les positions iraniennes et les faits militaires récents. Si le président américain a vanté un « grand règlement », les sources iraniennes font état de discussions en cours mais sans avancée décisive. La confirmation d'un accord dépendra des prochaines étapes diplomatiques et de la capacité des deux parties à surmonter leurs divergences substantielles, notamment sur le programme nucléaire et les activités régionales de l'Iran.