Le député de la Seine-Saint-Denis et président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, Éric Coquerel, a estimé qu'un « suivi drastique » devait être imposé à Jérôme Barella, l'homme placé en garde à vue après le décès de la petite Lyhanna. Intervenant sur un plateau télévisé ce vendredi 26 juin, l'élu de La France insoumise a précisé que ce contrôle devrait porter « sur ce qu'il peut faire et où il va », afin d'éviter toute récidive.
Des sanctions jugées trop légères
Éric Coquerel s'est également exprimé sur les premières mesures disciplinaires prononcées par l'exécutif à l'encontre d'une magistrate et de deux gendarmes, estimant qu'elles ne sont pas à la hauteur de la situation. Selon lui, les « défaillances » mises en lumière par les rapports d'inspection successifs appellent des réponses plus fermes et structurelles. L'élu a ainsi rejoint les critiques qui, depuis plusieurs jours, jugent insuffisantes les sanctions annoncées par le gouvernement.
Un appel à un « avant et après »
Le député insoumis a rappelé que la mort de Lyhanna devait marquer un tournant dans la prise en charge judiciaire des affaires de violences sur mineurs. Bien qu'il ne soit pas le seul à formuler cette exigence — plusieurs procureurs de la République avaient déjà appelé à un « avant et après » —, Éric Coquerel a insisté sur la nécessité de « tirer toutes les leçons » de ce drame. Il a notamment plaidé pour un renforcement des contrôles des individus condamnés pour des faits similaires et pour une meilleure coordination entre les services judiciaires et les forces de l'ordre.
Un contexte de critiques croisées
Ces déclarations interviennent alors que l'affaire Lyhanna suscite un vaste débat politique et judiciaire. Plusieurs personnalités, de Sara Forestier à Marion Maréchal, ont déjà dénoncé une « faillite systémique » ou réclamé un durcissement des peines. Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature a annoncé une mission d'inspection tout en mettant en garde contre une « instrumentalisation politique » du drame. L'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire, évoquée par la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, est également en discussion.
Les différentes inspections menées ces dernières semaines ont mis en évidence des « dysfonctionnements » et des « erreurs individuelles » dans le traitement de la plainte déposée avant la disparition de la fillette. L'avocat de la famille a pour sa part dénoncé des annonces « en poudre de perlimpinpin », réclamant des moyens concrets plutôt que des déclarations d'intention.