L'étau judiciaire se resserre autour de Marine Le Pen, mais un horizon clair se dessine. La Cour de cassation a fait savoir qu'elle rendrait sa décision sur le pourvoi formé par la candidate avant le scrutin présidentiel de 2027, programmé en avril et mai. Les juges suprêmes envisagent de se prononcer dès le début du printemps 2027, soit quelques semaines seulement avant le premier tour.

Cette annonce intervient dans un contexte tendu pour la chef de file du Rassemblement national. Condamnée en appel le 7 juillet 2026 à une peine de prison ferme aménagée sous bracelet électronique, elle avait immédiatement annoncé son intention de se pourvoir en cassation. La cour d'appel avait toutefois réduit la durée d'inéligibilité infligée en première instance, permettant à Marine Le Pen de conserver la possibilité de se présenter à la plus haute fonction de l'État.

Une candidature maintenue coûte que coûte

Marine Le Pen n'a cessé de réaffirmer, depuis le verdict, sa détermination à être candidate en 2027. Des proches rapportent qu'elle aurait pris cette décision dans la foulée du jugement, alors qu'elle regagnait son véhicule. « Elle était très calme, déterminée », confie l'un de ses collaborateurs, soulignant que la cheffe de file du RN ne s'est jamais laissé abattre par l'épée de Damoclès judiciaire.

Son entourage décrit une femme qui a immédiatement basculé en mode campagne, malgré la perspective d'un pourvoi et l'incertitude juridique. La ligne de défense est désormais rodée : Marine Le Pen clame son innocence et dénonce ce qu'elle présente comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Je n'ai peur de rien, je ne crains que l'injustice », a-t-elle lancé lors d'un déplacement dans le Nord.

Les scénarios possibles pour la suite

Si la Cour de cassation venait à casser la condamnation, Marine Le Pen pourrait se présenter sans entrave. Si elle confirme la décision d'appel, la candidate serait frappée d'une inéligibilité de quinze mois, ce qui la rendrait inéligible pour le scrutin de 2027. L'exécution provisoire de cette peine, prononcée par la cour d'appel, n'entre toutefois en vigueur qu'après la décision de la haute juridiction.

Ce calendrier serré place la justice dans une position délicate, entre impératif de célérité et nécessité d'une instruction rigoureuse. Le ministère de la Justice, par la voix du garde des Sceaux, a appelé à une décision impartiale, en rappelant que la date du scrutin ne devait pas interférer avec le cours de la justice.

Un camp qui se mobilise

Dans l'attente de la décision, Marine Le Pen multiplie les déplacements et les prises de parole. Elle a notamment exclu de faire campagne sous bracelet électronique, jugeant cette perspective « impossible » sur le plan pratique et politique. « Je ne serai pas une candidate entravée », a-t-elle affirmé, tout en reconnaissant que la situation était inédite.

Le Rassemblement national s'est organisé pour faire face à toutes les éventualités. Des scénarios de remplacement ont été esquissés, notamment autour de la figure de Jordan Bardella, mais Marine Le Pen reste pour l'heure la candidate officielle du parti. Une réunion stratégique s'est tenue au siège du mouvement au lendemain du verdict, afin de coordonner la riposte judiciaire et médiatique.

La décision finale attendue au printemps

La Cour de cassation a promis de faire vite. « Nous avons conscience de l'enjeu démocratique que représente cette affaire », a indiqué une source proche de l'institution, sans plus de précisions. La décision pourrait tomber aux alentours du mois de mars 2027, laissant à Marine Le Pen un mois de campagne effective si elle est blanchie.

En attendant, la candidate continue de marteler son message : elle se dit victime d'un « acharnement judiciaire » et promet de se battre jusqu'au bout. « Je n'abandonnerai jamais ceux qui m'ont fait confiance », a-t-elle lancé lors d'un meeting en région parisienne. Le sort de sa candidature repose désormais entre les mains des magistrats de la Cour de cassation, qui devront trancher dans un délai contraint.