L'inspection générale de la justice a remis son rapport d'analyse concernant la procédure judiciaire liée à l'affaire Lyhanna. Le document fait état de dysfonctionnements majeurs, évoquant « un cumul de pertes de temps et une absence de suivi » dans le traitement des signalements.
Selon les conclusions de ce rapport, plusieurs étapes de la procédure ont souffert de retards cumulés et d'un manque de coordination entre les différents acteurs judiciaires. Les inspecteurs pointent notamment une absence de réactivité face aux alertes émises par l'entourage de la jeune fille, ainsi qu'une défaillance dans la transmission des informations entre les services.
Cette évaluation intervient alors que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, s'était déjà exprimé à plusieurs reprises sur cette affaire. Le ministre avait reconnu un « dysfonctionnement grave » et présenté des excuses à la famille de la victime. Il avait également ordonné le réexamen de quelque 70 000 plaintes impliquant des mineurs, une mesure que le principal syndicat de magistrats avait jugée relever « que de la communication ».
Le rapport de l'inspection générale vient confirmer les craintes exprimées par les proches de Lyhanna et par plusieurs associations de défense des droits des enfants. Les auteurs du document soulignent que les manquements identifiés ne sont pas isolés mais s'inscrivent dans un schéma plus large de faiblesses structurelles au sein du système judiciaire.
Dans le détail, le rapport relève que des semaines, voire des mois, se sont écoulés entre le dépôt des plaintes et leur prise en compte effective. « Les délais de traitement ont été excessifs et aucune mesure conservatoire n'a été envisagée malgré les signaux d'alerte », peut-on lire dans le résumé des conclusions.
Les inspecteurs préconisent une série de mesures correctives, parmi lesquelles un renforcement des effectifs dédiés aux affaires concernant des mineurs, la mise en place de procédures de suivi plus rigoureuses et une meilleure formation des personnels judiciaires à la détection des situations de danger.
Cette affaire a provoqué une vive émotion dans l'opinion publique et a relancé le débat sur les moyens alloués à la justice des mineurs. Plusieurs voix se sont élevées pour demander des réformes profondes, tandis que le garde des Sceaux a promis des sanctions à l'encontre des magistrats dont les négligences auraient été établies.
Réaction de la famille et des associations
Les proches de Lyhanna, qui attendaient ce rapport avec impatience, ont dit espérer que ses conclusions ne resteront pas lettre morte. « Il faut que cela serve de leçon et que des changements concrets interviennent sans attendre », a déclaré un représentant de la famille.
Plusieurs associations de protection de l'enfance se sont également emparées du sujet, estimant que les dysfonctionnements mis au jour appellent une refonte en profondeur du système de signalement et de suivi des plaintes.
Le gouvernement, par la voix du Premier ministre, a indiqué prendre acte des conclusions du rapport et a annoncé la mise en œuvre prochaine de certaines des recommandations formulées par l'inspection.