Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a convoqué l'ensemble des procureurs généraux pour une réunion qui se tient ce lundi 8 juin. Cette rencontre intervient dans le sillage du décès de la jeune Lyhanna, un drame qui a mis en lumière des défaillances dans le traitement judiciaire de plaintes déposées par des mineurs.
Un réexamen massif des plaintes ordonné
Le ministre a ordonné un réexamen systématique d'environ 70 000 plaintes dans lesquelles des enfants sont victimes. Cette opération vise à vérifier qu'aucune procédure n'a été laissée sans suite en raison de dysfonctionnements. Gérald Darmanin a promis un suivi « sans vacances » de ce chantier, fixant un objectif de bouclage à l'échéance du 14 juillet prochain. Il s'agit, selon ses termes, de s'assurer que des « erreurs » ne se reproduisent plus.
Parallèlement, des manifestations sont attendues ce lundi dans plusieurs villes de France. Des collectifs citoyens et des associations de défense des droits des enfants appellent à se rassembler pour réclamer une meilleure protection des mineurs face aux violences et exiger des comptes sur les manquements révélés par l'affaire Lyhanna.
Un échec reconnu et des excuses
Le garde des Sceaux a déjà reconnu publiquement un « échec » dans le suivi des plaintes, et présenté ses excuses à la famille de l'adolescente. Il avait notamment pointé un « dysfonctionnement » au niveau du parquet d'Auch, où une circulaire ministérielle sur la priorité accordée aux enfants victimes n'aurait pas été suivie. Cette affaire a conduit le Premier ministre à convoquer la semaine dernière les ministres de la Justice et de l'Intérieur pour un point d'étape.
Les réactions politiques
Sur le plan politique, le drame a provoqué des réactions contrastées. Les partis de gauche réclament la démission de Gérald Darmanin, estimant que la responsabilité du ministre est engagée. À l'inverse, la droite a fustigé l'attitude des magistrats, qu'elle juge trop laxistes. Ces tensions devraient alimenter les débats lors de la réunion prévue au sommet de l'État.
Un plan d'action en cours
La réunion de ce lundi avec les procureurs généraux doit permettre de structurer le plan d'action : définir les modalités du réexamen des 70 000 dossiers, rappeler les consignes de priorisation des plaintes de mineurs, et organiser un reporting régulier des parquets vers la Chancellerie. Le ministre a également promis des « suites » disciplinaires ou administratives pour les éventuels manquements individuels qui seraient découverts lors de cette revue.
L'affaire Lyhanna a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et ravivé les critiques sur le fonctionnement de la justice des mineurs. Le gouvernement entend montrer sa détermination à corriger les failles, tandis que les familles et les associations attendent des actes concrets pour que ce drame ne reste pas sans lendemain.