Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a reconnu un « échec » dans le suivi des plaintes déposées par Lyhanna, une adolescente dont le corps a été retrouvé après sa disparition. Il a présenté ses « excuses à la famille » lors d'une déclaration publique. Cette admission fait suite à la révélation que sa circulaire, pourtant destinée à accorder une priorité absolue aux enfants victimes, n'avait pas été appliquée par la procureure de la République d'Auch.

Le ministre a explicitement indiqué que des « manquements » avaient été identifiés dans le processus de prise en charge des signalements. « Nous avons failli dans le suivi des plaintes », a-t-il déclaré, employant un ton inhabituellement direct pour un membre du gouvernement. Il a souligné que des « suites » seraient données à cette affaire, laissant entendre que des sanctions pourraient être prononcées à l'encontre des magistrats ou des services concernés.

Une circulaire non respectée

Le cas de Lyhanna a mis en lumière une discordance entre les directives nationales et leur mise en œuvre locale. La circulaire ministérielle, qui impose de traiter en priorité les plaintes des mineurs victimes de violences, n'a pas été suivie par le parquet d'Auch. Selon des informations concordantes, plusieurs plaintes déposées par l'adolescente avant sa disparition n'avaient pas donné lieu à des investigations approfondies, ce qui a suscité l'émoi au sein de la classe politique et de l'opinion publique.

L'enquête interne, ouverte après la découverte du corps de Lyhanna, a conclu à une défaillance dans le circuit de traitement des signalements. Le chef de l'État et le Premier ministre ont été informés de la situation et ont convoqué les ministres concernés pour exiger des explications. Une réunion avec l'ensemble des procureurs généraux a été programmée dans les plus brefs délais afin de rappeler les obligations liées à cette circulaire.

Des excuses et des mesures à venir

En présentant ses excuses à la famille, Gérald Darmanin a cherché à apaiser la colère des proches de la victime, qui dénoncent une « faute inexcusable » de l'institution judiciaire. Il a promis que des « procédures disciplinaires » seraient engagées à l'encontre des responsables identifiés. Le ministre a également annoncé un renforcement des contrôles pour garantir l'application de la circulaire sur l'ensemble du territoire.

Cette affaire intervient alors que le gouvernement entend renforcer la protection de l'enfance. L'opposition a rapidement réagi, dénonçant un « système défaillant » et réclamant des mesures plus fermes. Plusieurs associations de défense des droits des enfants ont salué la reconnaissance de l'échec par le ministre tout en attendant des actes concrets.

Un précédent inquiétant

Le drame survenu à Auch soulève des interrogations sur l'efficacité des protocoles censés protéger les mineurs en danger. Des voix s'élèvent pour demander une refonte des mécanismes de suivi des plaintes, afin d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise. L'Inspection générale de la justice a été saisie pour évaluer les pratiques du parquet local et proposer des améliorations structurelles.