Un non-respect de la circulaire mis en lumière

Dans le cadre de l'enquête sur la disparition puis la mort de la jeune Lyhanna, un dysfonctionnement grave a été identifié au sein du parquet d'Auch. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a révélé que la procureure de la République en poste n'a pas respecté la circulaire ministérielle qui impose, pour les affaires impliquant des enfants victimes, une audition prioritaire et rapide. Ce texte, qui vise à protéger les mineurs dès le premier signalement, n'a pas été appliqué dans le cas de Lyhanna, une adolescente dont la famille avait signalé sa disparition.

La réaction du ministre de la Justice

Interrogé sur ce constat, le ministre a déclaré qu'il « proposera des sanctions contre des magistrats si des manquements sont mis au jour ». Il a précisé que l'Inspection générale de la justice (IGJ) avait été saisie pour effectuer un contrôle approfondi. Selon ses déclarations, il attend le rapport de l'IGJ pour déterminer la nature des sanctions éventuelles, qui pourraient aller d'un avertissement à une mutation d'office, en passant par une radiation du tableau d'avancement. Le garde des Sceaux a également souligné que ce cas particulier illustrait une faille dans la chaîne de traitement des disparitions inquiétantes de mineurs.

Un rendez-vous avec les procureurs généraux

En parallèle, Gérald Darmanin a convoqué l'ensemble des procureurs généraux de France pour une réunion qui se tiendra lundi. L'objectif affiché est de rappeler les obligations liées aux circulaires en vigueur et d'éviter que des situations similaires ne se reproduisent. Cette convocation intervient après que le Premier ministre a réuni les ministres de la Justice et de l'Intérieur pour faire le point sur l'affaire. Le chef du gouvernement a demandé un « état des lieux complet » sur le suivi des plaintes pour disparition d'enfants.

Le contexte de l'affaire Lyhanna

Lyhanna, une adolescente, avait été signalée disparue par sa famille. Sa dépouille a été retrouvée quelques jours plus tard, portant des vêtements similaires à ceux qu'elle portait au moment de sa disparition. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer les causes exactes de la mort. L'enquête préliminaire, ouverte pour disparition inquiétante, avait été confiée aux gendarmes. La famille de la victime a dénoncé un manque de réactivité des autorités judiciaires, estimant que la plainte n'avait pas été prise au sérieux dès le premier appel. Le non-respect de la circulaire par la procureure d'Auch confirme, selon plusieurs observateurs, une faille dans le dispositif de protection des mineurs.

Les conséquences attendues

La ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué que le gouvernement entend renforcer les contrôles sur l'application des circulaires. Il a également évoqué la possibilité de modifier la procédure pour que, à l'avenir, toute disparition d'enfant donne lieu automatiquement à une audition dans un délai maximal de 24 heures. L'IGJ devrait rendre ses conclusions dans les prochaines semaines. En attendant, le parquet d'Auch a été placé sous la surveillance directe de la direction des services judiciaires. Le ministre a conclu en affirmant que « chaque enfant doit être protégé par la justice, et aucun dysfonctionnement ne sera toléré ».