Une clause inédite pour lever toute équivoque

La signature du protocole d’entente entre les États-Unis et l’Iran, mercredi 17 juin au château de Versailles, a été marquée par une condition posée par Téhéran et acceptée par Washington : le texte, rédigé en deux versions — l’une en anglais, l’autre en persan —, devait être signé par Donald Trump dans les deux langues. Les autorités iraniennes ont également demandé que la Maison Blanche publie la vidéo de la signature avant que le président Massoud Pezeshkian n’appose à son tour sa signature sur les documents.

Selon des informations recueillies sur place, la partie iranienne a obtenu gain de cause sur ce point pour « qu’il n’y ait pas d’équivoque, de doute ou de mauvaise interprétation », en référence aux polémiques qui avaient entouré l’accord nucléaire de 2015. La vidéo diffusée montre Donald Trump en train de parapher le document rédigé en persan, une image que le pouvoir iranien souhaitait montrer à sa population comme gage de sérieux et de réciprocité.

Un protocole signé à distance, avec un double enjeu politique

L’accord, dont la conclusion avait été officialisée le 14 juin par le président américain, prévoit une cessation immédiate des hostilités, incluant également le front libanais. Initialement annoncée à Genève, la cérémonie de signature a finalement eu lieu en deux temps : Donald Trump, en déplacement en France, a signé depuis le château de Versailles tandis que Massoud Pezeshkian paraphait les documents depuis Téhéran.

Le choix du lieu, en marge du sommet du G7, a donné une visibilité particulière à cet acte diplomatique. Les Européens, réunis lors de cette réunion multilatérale, s’étaient dits prêts, dans les jours précédant la signature, à lever des sanctions contre l’Iran après la conclusion d’un accord avec Washington. Cette perspective avait été évoquée par plusieurs capitales européennes comme un levier pour consolider le processus.

Un précédent historique dans les relations bilatérales

Ce protocole marque une rupture dans les relations entre les deux pays, qui n’avaient pas connu d’accord bilatéral officiel depuis l’accord nucléaire de 2015, dont les États-Unis s’étaient retirés en 2018. La demande iranienne de faire figurer le persan aux côtés de l’anglais, et d’obtenir une signature vidéo préalable de la part du président américain, illustre la méfiance persistante et la volonté de Téhéran de verrouiller chaque étape pour éviter toute contestation ultérieure.

Les marchés ont réagi rapidement à l’annonce de la signature : les cours du pétrole ont chuté de plus de 3 % dans les heures qui ont suivi, les investisseurs anticipant une réouverture du détroit d’Ormuz, voie de transit essentielle pour les hydrocarbures, dont la fermeture temporaire avait pesé sur les prix mondiaux.

Un processus à consolider

Si la signature du protocole constitue une étape majeure, des questions demeurent quant à sa mise en œuvre concrète, notamment sur le calendrier de levée des sanctions et sur les mécanismes de vérification. Aucun calendrier précis n’a été communiqué quant à la prochaine phase des négociations. La Maison Blanche et les autorités iraniennes n’ont pas fourni de détails supplémentaires sur les modalités de suivi.

L’exigence iranienne concernant la langue et la diffusion vidéo pourrait toutefois servir de précédent dans d’autres négociations entre les deux pays, si le processus devait se poursuivre. Pour l’heure, l’accord a été salué comme une avancée diplomatique par les parties prenantes, même si des divergences d’interprétation sur certains points restent possibles.