Le sommet du G7, qui se tient cette année sous présidence canadienne, a été marqué par une déclaration conjointe des puissances européennes membres du groupe. Les chefs d’État et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni ont indiqué qu’ils étaient prêts à entamer le processus de levée des sanctions internationales contre la République islamique d’Iran. Cette annonce fait suite à l’officialisation, par le président américain Donald Trump, d’un accord de cessez-le-feu négocié avec Téhéran, dont la ratification doit avoir lieu à Genève.

Selon des sources diplomatiques présentes lors des discussions en marge du sommet, les Européens conditionnent cette levée à une mise en œuvre vérifiable des engagements pris par l’Iran, notamment en matière nucléaire et de sécurité régionale. « Nous sommes prêts à aller de l’avant si les termes de l’accord sont respectés », a déclaré un haut responsable européen sous couvert d’anonymat. La position européenne marque un soutien de principe au cadre négocié par Washington, tout en insistant sur la nécessité d’un mécanisme de contrôle robuste.

L’accord de Genève au cœur des discussions

L’accord, dont les grandes lignes ont été dévoilées par Donald Trump le 15 juin 2026, prévoit un cessez-le-feu immédiat et la réouverture complète du détroit d’Ormuz à compter du vendredi suivant sa ratification. « Vendredi, le détroit d’Ormuz sera complètement ouvert », avait affirmé le président américain dans une déclaration télévisée. Cette voie d’eau stratégique, par laquelle transite environ un quart du pétrole mondial, était partiellement bloquée depuis le début des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, provoquant une flambée des cours du brut.

Les modalités précises de l’accord – notamment le calendrier de retrait des forces américaines de la région, le démantèlement de certaines installations nucléaires iraniennes et les garanties de sécurité demandées par Téhéran – n’ont pas été rendues publiques dans leur intégralité. Téhéran, par la voix de ses représentants, a affirmé avoir « remporté de grandes victoires durant cette guerre » et se montre prudent quant à la date de signature définitive, même si le président Trump a fixé la ratification à dimanche prochain à Genève.

Réactions en chaîne sur les marchés et en Israël

L’annonce de l’accord et la perspective d’une levée des sanctions ont immédiatement fait chuter les prix du pétrole sur les places financières internationales, les investisseurs anticipant un retour massif du brut iranien sur le marché. Le président français Emmanuel Macron a appelé à ce que cette baisse soit répercutée « à la pompe » pour les consommateurs, tandis que le gouvernement italien a évoqué des négociations pour relancer les contrats d’approvisionnement énergétique avec l’Iran.

En Israël, la nouvelle a suscité de vives inquiétudes. Le gouvernement israélien, qui s’était opposé frontalement à tout accord avec Téhéran, a mis en garde contre les risques sécuritaires d’un allègement des sanctions. « Un Iran enrichi et financé est une menace existentielle », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Des consultations d’urgence ont été convoquées à Jérusalem pour étudier les implications de l’accord sur la sécurité nationale.

Le G7 en ordre dispersé sur la suite

Si les Européens se montrent ouverts à une levée progressive des sanctions, les autres membres du G7 – le Canada, le Japon et les États-Unis eux-mêmes – n’ont pas formulé d’engagement similaire à ce stade. Le Japon, dépendant des importations de pétrole du Golfe, a salué la réouverture du détroit d’Ormuz mais s’est abstenu de tout commentaire sur les sanctions. Le Canada, pays hôte du sommet, a appelé à une « approche prudente et coordonnée ».

Les discussions se poursuivent en marge du sommet, où les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 doivent se réunir dans les prochains jours pour préciser les modalités techniques de la levée des sanctions et le calendrier de mise en œuvre de l’accord. Un communiqué final devrait être publié à l’issue du sommet, qui pourrait entériner la position européenne tout en laissant une marge de manœuvre aux différents États pour adapter leur politique en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.