Les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran viennent de connaître un nouvel obstacle. Alors que les négociations semblaient progresser vers une extension de la trêve entrée en vigueur en avril, Donald Trump a rejeté le projet d'accord élaboré par ses propres émissaires et les diplomates iraniens, avec l'assistance du Pakistan. Selon des sources informées des discussions, le président américain a jugé insuffisantes les concessions obtenues de Téhéran en matière nucléaire et a ordonné une refonte du texte.
Un projet de trêve repoussé
Le protocole d'accord prévoyait une prolongation de soixante jours du cessez-le-feu instauré au printemps. Ce délai devait permettre aux deux parties de finaliser un traité de paix plus large. Toutefois, après examen du document, le locataire de la Maison-Blanche a décidé de ne pas le valider. Il a renforcé les conditions et soumis une version révisée à l'Iran, compliquant le calendrier déjà fragile des discussions.
Des exigences nucléaires accrues
Les modifications demandées par Washington portent principalement sur le programme nucléaire iranien. D'après des responsables au courant des échanges, Donald Trump aurait exigé l'insertion de clauses précises détaillant les modalités de confiscation de l'uranium iranien par les États-Unis, ainsi que les échéances associées. Ces dispositions, absentes du texte initial, visent à garantir un contrôle plus strict des matières sensibles.
Par ailleurs, le président américain a demandé une réécriture du passage concernant le détroit d'Ormuz. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part significative du pétrole mondial, est un point de friction récurrent entre Téhéran et Washington. Les nouvelles formulations exigeraient des engagements plus explicites sur la liberté de navigation.
Des négociations sous tension
Ce revers intervient après des mois de discussions ardues. La trêve d'avril avait été saluée comme une première avancée, mais les divergences sur le nucléaire et les questions régionales demeurent profondes. Le rejet du protocole d'accord par le président Trump pourrait être interprété comme une volonté d'obtenir des garanties maximales avant tout accord définitif, rappelant l'approche rigoriste de son administration vis-à-vis de l'Iran.
Une approche différente de l'ère Obama
Des analystes soulignent que Donald Trump entend se démarquer du plan d'action global commun (JCPOA) signé en 2015, qu'il avait qualifié de « mauvais accord ». Son administration exige des engagements plus stricts, notamment sur la durée et les mécanismes de vérification, pour éviter de reproduire ce qu'elle considère comme les erreurs du passé. Ce souci de se distinguer de l'héritage de Barack Obama imprègne la stratégie de négociation américaine.
Les prochaines étapes restent incertaines. Téhéran n'a pas encore officiellement réagi à la version révisée du texte. La médiation pakistanaise, qui avait facilité les contacts directs, pourrait tenter de relancer le dialogue. Mais l'écart entre les positions des deux camps semble s'être creusé, rendant un compromis rapide peu probable.
Dans ce contexte, les marchés pétroliers et les alliés régionaux suivent de près l'évolution des négociations. Une sortie de crise par la voie diplomatique reste l'objectif affiché, mais chaque inflexion des termes en complique la réalisation.