Un haut responsable de l'administration américaine a indiqué vendredi que les chances de parvenir à un accord avec l'Iran étaient comprises entre 80 et 85 %. Cette déclaration, rapportée par des sources proches des négociations, intervient alors que les deux camps multiplient les signaux contradictoires sur l'avancement des discussions.

Le responsable américain, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat, a précisé que les pourparlers avaient progressé de manière significative ces dernières heures. Il a également estimé que le président américain serait en mesure d'annoncer un accord dans les tout prochains jours, à l'issue des consultations finales avec les alliés régionaux.

Du côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a déclaré lors d'une conférence de presse que son pays avait « bon espoir » de signer un accord « dans les prochains jours ». Il a toutefois précisé que les discussions restaient « délicates » et que rien n'était encore définitif. « Nous sommes proches d'un accord, mais des points techniques restent à régler », a-t-il affirmé.

Selon des sources diplomatiques, l'accord porterait sur un gel partiel du programme nucléaire iranien en échange d'un allègement des sanctions économiques américaines. L'une des clauses prévoirait également un échange de prisonniers, évoqué par les deux parties.

Signature à distance envisagée

Un aspect inédit des négociations a été révélé par des responsables iraniens : la signature de l'accord pourrait se faire « à distance », sans rencontre directe entre les dirigeants des deux pays. Cette modalité permettrait d'éviter tout face-à-face diplomatique tout en scellant l'entente.

Cette procédure, bien que rare dans les relations internationales, a déjà été utilisée par le passé, notamment dans le cadre de l'accord de Vienne de 2015. Elle reflète la méfiance persistante entre Washington et Téhéran, même en cas de progrès diplomatiques.

Divergences sur le fond

Malgré l'optimisme affiché, des divergences demeurent. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déclaré que les États-Unis ne feraient « aucune concession sur la sécurité nationale » et maintiendraient leur exigence d'un arrêt complet des activités d'enrichissement d'uranium.

En réaction, Téhéran a réaffirmé que « tout accord devra respecter les droits de l'Iran à l'énergie nucléaire pacifique ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que son pays ne renoncerait pas à « un pouce de sa souveraineté ».

Ces déclarations contrastées illustrent la fragilité des négociations, alors que les deux camps peinent à s'entendre sur l'étendue des concessions mutuelles.

Réactions internationales

La communauté internationale observe ces développements avec attention. Israël a exprimé ses inquiétudes, estimant que tout accord trop favorable à Téhéran menacerait sa sécurité. Des responsables israéliens ont indiqué qu'ils suivraient de près la mise en œuvre de l'accord et qu'ils se réservaient le droit d'agir « par tous les moyens nécessaires » pour protéger leurs intérêts.

À Wall Street, l'annonce d'un possible accord a provoqué une baisse des cours du pétrole, les investisseurs anticipant une levée des sanctions et un retour du pétrole iranien sur le marché mondial. Le baril de brut léger américain (WTI) a perdu plus de 3 % dans la journée de vendredi.

Prochaines étapes

Selon les sources, la finalisation de l'accord pourrait intervenir d'ici la fin de la semaine prochaine, sous réserve de l'aval des plus hautes autorités des deux pays. Les équipes techniques travaillent actuellement sur les modalités précises de mise en œuvre.

Un échec des négociations, bien que jugé moins probable par les experts, n'est pas exclu. Le haut responsable américain interrogé a reconnu que « la marge de manœuvre est étroite », mais que « l'engagement des deux parties est réel ».