Le conflit entre Washington et Téhéran a connu un tournant inattendu ce mercredi avec l'adoption par la Chambre des représentants américaine d'un texte ordonnant le retrait des troupes des États-Unis de la guerre menée contre l'Iran. Cette décision, perçue comme un camouflet pour l'administration Trump, intervient alors que les négociations diplomatiques piétinent et que la question du Liban cristallise les divergences.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s'est exprimé ce jeudi pour la première fois depuis ce vote. Il a affirmé que Washington et Tel-Aviv avaient essuyé un « revers cuisant » dans leur confrontation avec la République islamique. « Le régime américain et le régime sioniste ont subi une défaite humiliante, et ce vote en est la preuve éclatante », a-t-il déclaré dans un discours retransmis par les médias d'État. Aucune précision n'a été donnée quant à d'éventuelles représailles militaires, mais Téhéran a réitéré sa menace d'une escalade si les conditions américaines demeuraient inchangées.
Un camouflet législatif pour la Maison-Blanche
La résolution adoptée mercredi par la Chambre des représentants, à majorité démocrate, n'a pas valeur de loi contraignante mais constitue un signal politique fort. Le texte enjoignait l'exécutif de mettre fin à la participation américaine aux opérations de combat contre l'Iran dans un délai de trente jours, sauf autorisation expresse du Congrès. Le président Trump a immédiatement dénoncé un vote « antipatriotique » et promis d'opposer son veto si le Sénat venait à adopter une mesure similaire. L'issue du scrutin reflète les fractures croissantes au sein de la classe politique américaine sur la gestion d'un conflit qui s'enlise.
Des négociations dans l'impasse
Parallèlement à cette initiative parlementaire, les discussions indirectes entre Washington et Téhéran, menées via des médiateurs, restent marquées par un profond désaccord. Les États-Unis exigent notamment que l'Iran renonce définitivement à tout programme nucléaire militaire et accepte un contrôle international renforcé. Téhéran, de son côté, réclame des garanties juridiques sur le maintien de ses droits à l'énergie atomique à des fins civiles et la levée intégrale des sanctions économiques.
La question libanaise constitue un point de blocage supplémentaire. Washington conditionne tout cessez-le-feu global à un retrait complet des forces israéliennes du sud du Liban et au désarmement des milices, en particulier du Hezbollah. Le chef du Hezbollah a d'ailleurs exigé cette semaine un « cessez-le-feu global » et un retrait israélien inconditionnel, position que Téhéran soutient ouvertement. Les médiateurs internationaux peinent à rapprocher les positions.
Une escalade redoutée
Alors que Donald Trump avait promis une guerre « rapide et décisive » contre l'Iran, le conflit s'étire depuis plusieurs mois, provoquant des pertes humaines et matérielles significatives des deux côtés. L'annonce du vote du Congrès a provoqué des réactions contrastées : les partisans d'un désengagement y voient un premier pas vers la paix, tandis que les faucons américains et israéliens craignent un affaiblissement de la pression sur Téhéran.
De son côté, l'Iran semble vouloir capitaliser sur cette victoire politique tout en maintenant la menace d'une réponse militaire. « Si les États-Unis persistent dans leurs exigences irréalistes, nous sommes prêts à une escalade sans précédent », a prévenu un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par des agences. La communauté internationale observe avec inquiétude la suite des événements, alors que la fenêtre diplomatique semble se refermer.