Les discussions entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien connaissent un nouveau coup de théâtre. L'Iran a menacé de mettre un terme aux négociations en cours avec les États-Unis, durcissant sa position alors que le président américain, Donald Trump, avait fixé à ce dimanche la date de signature d'un accord. Ce dernier ne s'est pas encore exprimé sur cette menace.

Cette annonce de Téhéran marque une rupture de ton significative dans le processus diplomatique engagé ces dernières semaines. La veille, Donald Trump s'était montré confiant, affirmant qu'un accord de paix serait signé ce dimanche. Il avait même évoqué un « très bon deal » et précisé que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, l'avait approuvé. Des déclarations que les autorités iraniennes avaient jusqu'ici accueillies avec prudence, sans confirmer ni infirmer formellement un tel calendrier.

Un ultimatum et un démenti

La menace actuelle de rupture survient après plusieurs jours de déclarations contradictoires. Fin de semaine dernière, Donald Trump avait fixé un ultimatum de « deux à trois jours » pour parvenir à un accord, après des mois de tensions. En réaction, Téhéran avait démenti tout accord définitif, contredisant directement les affirmations de la Maison-Blanche. Malgré ces désaccords sur la réalité d'un deal, un haut responsable américain estimait alors les chances de conclusion d'un accord entre 80 et 85 pour cent.

Parallèlement, la situation sur le terrain militaire reste tendue. Dans le détroit d'Ormuz, zone stratégique du golfe Persique, des incidents ont récemment opposé les deux pays. Washington a accusé l'Iran d'avoir lancé des drones contre des navires américains, ce qui a conduit à l'abattage de ces appareils. Un pétrolier a par ailleurs été immobilisé au large des côtes iraniennes, ajoutant une dimension sécuritaire à la crise diplomatique.

Un processus sous pression

Ces nouvelles menaces de Téhéran interviennent dans un contexte où les positions des deux camps se sont durcies. Washington exige notamment la renonciation complète de l'Iran à l'arme nucléaire, une condition que Téhéran juge inacceptable sans garanties sur ses droits. Le Congrès américain a récemment voté en faveur d'un retrait des forces américaines d'Iran, une décision que les autorités iraniennes ont qualifiée de « revers cuisant » pour Washington.

La communauté internationale observe avec inquiétude ces va-et-vient diplomatiques. Si un accord semblait se dessiner, la menace iranienne de suspendre les négociations pourrait remettre en cause les avancées des derniers jours. L'absence de réaction immédiate de Donald Trump laisse planer le doute sur la suite du processus, alors que le président américain avait promis une issue rapide au conflit.

Quelle issue pour dimanche ?

À quelques heures de l'échéance fixée par le président américain, l'incertitude règne. L'Iran semble vouloir tester la détermination de Washington en brandissant la menace d'une sortie de table des négociations. La réaction de l'administration Trump sera déterminante pour la suite : soit elle maintient son calendrier et sa pression, soit elle cherche à apaiser les tensions pour préserver les chances d'un accord. Dans les deux cas, la fenêtre diplomatique semble se refermer rapidement.