Les tractations entre les États-Unis et l’Iran sur un cessez-le-feu durable dans la guerre déclenchée fin février 2026 viennent de connaître un nouveau rebondissement. Selon des informations concordantes, le président Donald Trump a renvoyé à Téhéran une proposition d’accord notablement plus stricte que celle qui était en discussion ces dernières semaines, faisant de la renonciation définitive à l’arme nucléaire une condition préalable non négociable.

Les nouvelles exigences américaines

Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a listé plusieurs points qu’il présente comme impératifs avant toute signature. Il exige que l’Iran « accepte qu’il n’aura jamais d’arme nucléaire », que le détroit d’Ormuz soit « ouvert immédiatement », et que le stock d’uranium hautement enrichi soit pris en charge par les États-Unis, en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), pour être « détruit ». Il a précisé qu’« il n’y aura aucun échange d’argent pour le moment ».

Selon des sources proches de l’exécutif américain, cette version durcie de l’accord a été transmise à l’Iran après une réunion à la Maison-Blanche qui s’est tenue vendredi après-midi. Cette réunion, présentée comme devant aboutir à une « décision finale », n’a en réalité débouché sur aucune annonce immédiate. Elle a duré environ deux heures et a réuni le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et le vice-président J. D. Vance, rappelés en urgence.

La position de Téhéran

La réponse iranienne ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que « les échanges se poursuivent mais aucun accord final n’a encore été conclu ». Il a démenti l’existence de discussions sur le nucléaire à ce stade et a contesté les clauses relatives au détroit d’Ormuz, situé, selon lui, dans les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman.

Des sources citées par l’agence de presse Fars ont qualifié les déclarations de Donald Trump de « mélange de vérité et de mensonge », affirmant que ni la réouverture du détroit sans frais de péage ni la destruction de l’uranium ne figurent dans le texte d’accord actuel. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a fustigé « les demandes excessives ainsi que les positions changeantes et contradictoires » des États-Unis, et a prévenu qu’un accord final dépendait de « l’arrêt de l’attitude de la partie américaine ». Le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a réclamé « des actes » plutôt que des promesses.

Un contexte régional tendu

Alors que les négociations piétinent, la situation militaire reste explosive. Au Liban, l’armée israélienne a franchi le fleuve Litani et a étendu sa zone de combat, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril contre le Hezbollah, allié de Téhéran. Des frappes israéliennes ont fait au moins quatorze morts dans le sud du Liban jeudi dernier, et une frappe ciblée a visé un appartement à Choueifat, en banlieue de Beyrouth.

Le président américain a affirmé dimanche avoir obtenu un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, tout en écartant un bombardement de Beyrouth. Cette annonce n’a pas été confirmée par les parties concernées.

Réactions politiques et implications économiques

Du côté américain, l’exigence d’un accord plus strict suscite des critiques, notamment au sein de l’aile dure du Parti républicain. Le sénateur du Mississippi Roger Wicker a jugé qu’« un cessez-le-feu de 60 jours fondé sur la croyance que l’Iran agira un jour de bonne foi serait un désastre ». Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud, s’est interrogé : « Cela amène à se demander pourquoi la guerre a éclaté. »

Sur les marchés, la perspective d’un accord a fait baisser les cours du pétrole, le baril de brut retombant autour de 94 dollars. Les indices boursiers américains ont atteint de nouveaux records jeudi, portés par l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du trafic mondial de pétrole et de gaz. Mais l’incertitude demeure, la télévision d’État iranienne précisant que la circulation maritime dans le détroit s’est accélérée sans pour autant revenir à la normale, l’accès restant interdit aux navires des pays « hostiles ».