Le pré-rapport de la mission conjointe d’inspection de la gendarmerie et de la justice a été remis lundi 22 juin. Sans attendre les conclusions des enquêtes en cours, les ministres de la Justice et de l’Intérieur ont immédiatement dévoilé des sanctions ciblant une magistrate et deux gendarmes. Ces mesures interviennent dans la foulée des dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna.

Parallèlement, Gérald Darmanin a présenté un projet de « choc numérique » pour le ministère de la Justice. Il a indiqué que l’ensemble des documents judiciaires seraient scannés et que l’intelligence artificielle serait déployée dans toutes les juridictions. Le ministre a présenté cette initiative comme une réponse de fond à des difficultés qui, selon lui, existent partout.

Ces annonces suscitent des critiques. Le Syndicat de la magistrature et des associations mobilisées pour une loi intégrale contre les violences sexuelles y voient une tentative de détourner l’attention des problèmes systémiques et de manque de moyens. Ils estiment que les mesures annoncées ne répondent pas aux carences structurelles mises en lumière par le drame.

L’affaire Lyhanna, du nom de la fillette décédée, avait mis en évidence de graves lacunes dans le suivi des plaintes pour violences sur mineurs. Le parquet d’Auch avait été particulièrement critiqué. Le garde des Sceaux avait déjà ordonné le réexamen de 70 000 plaintes et reconnu un « échec ». Les nouvelles annonces s’inscrivent dans cette séquence, mais leurs détracteurs jugent qu’elles ne s’attaquent pas aux racines du problème.