Quelques semaines après la mort de Lyhanna, dont le dossier a mis en lumière des manquements graves dans le suivi judiciaire, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dévoilé un vaste plan de transformation numérique. Qualifié de « choc numérique », ce projet prévoit que l'ensemble des documents du ministère seront scannés et que l'intelligence artificielle sera déployée dans toutes les juridictions de France. Le garde des Sceaux a justifié cette initiative en affirmant qu'il s'agit d'« une réponse structurelle à des difficultés qui existent partout ».

Cette annonce intervient alors que l'inspection générale de la justice a déjà relevé des pertes de temps et une absence de suivi dans le traitement des plaintes au parquet d'Auch, où les alertes concernant Lyhanna n'avaient pas été correctement traitées. Le ministre a insisté sur la nécessité de faire entrer la justice dans l'ère numérique pour éviter que des dossiers sensibles ne soient égarés ou ne restent sans suite. Il n'a toutefois pas précisé les modalités concrètes de mise en œuvre, ni le calendrier exact de ce virage technologique.

Le « choc numérique » s'inscrit dans une série de mesures annoncées par le gouvernement après l'affaire Lyhanna, parmi lesquelles le réexamen de dizaines de milliers de plaintes concernant des mineurs et le renforcement des contrôles internes. En promettant de généraliser l'usage de l'intelligence artificielle, Gérald Darmanin entend répondre de manière structurelle à ce qu'il a décrit comme des faiblesses systémiques de l'institution judiciaire.