Huit Français sur dix se disent favorables à l'ouverture de procédures disciplinaires à l'encontre des magistrats identifiés comme ayant failli dans le dossier du meurtre de Lyhanna. Cette proportion ressort d'un sondage réalisé par l'Institut CSA et publié ce vendredi 26 juin.
L'étude indique que 81 % des personnes interrogées appellent de leurs vœux des sanctions contre les professionnels de la justice dont les défaillances ont été mises en lumière par l'affaire. Cette aspiration est partagée de manière tranchée selon l'âge : 93 % des 18-24 ans y sont favorables, contre 86 % des 25-34 ans, 77 % des 35-49 ans et 78 % des 50 ans et plus.
Du côté des catégories socioprofessionnelles, les inactifs expriment un souhait de sanctions à 84 %, les CSP- à 83 % et les CSP+ à 74 %. Les femmes se montrent légèrement plus exigeantes que les hommes : 83 % contre 78 %.
Un clivage politique marqué
Le positionnement politique des sondés fait apparaître un écart significatif. À gauche de l'échiquier politique, 57 % des sympathisants de la France insoumise se prononcent pour des sanctions, 61 % chez les Écologistes et 74 % au Parti socialiste. À droite, la proportion grimpe à 92 % pour les proches des Républicains et atteint 94 % chez ceux du Rassemblement national.
Cette enquête intervient alors que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé en début de semaine la suspension d'un substitut du parquet d'Auch, chargé de l'enquête sur le meurtre de Lyhanna. Un rapport administratif de 46 pages, remis au ministre, avait conclu que « l'urgence de ce dossier n'a pas été prise en compte ». Le ministre a promis des sanctions proportionnées aux fautes commises.
Le meurtre de Lyhanna, une enfant de 11 ans violée et tuée par un pédocriminel qui faisait l'objet de plusieurs plaintes en attente, a provoqué une onde de choc dans l'opinion et suscité un large débat sur le fonctionnement de l'institution judiciaire.